Transition écologique des TPE-PME : une conviction réelle, un accompagnement insuffisant
Un nouveau baromètre, réalisé par OpinionWay[1] dresse un état des lieux de l’engagement écologique des dirigeants de très petites, petites et moyennes entreprises françaises. 400 patrons de TPE-PME (0 à 249 salariés) ont livré un diagnostic contrasté : l’adhésion aux enjeux environnementaux est massive, les actions concrètes se multiplient, mais le sentiment d’être livré à soi-même reste dominant, en particulier dans les plus petites structures.
[1] OpinionWay, Barometre de l’action écologique Mars 2026

Une conviction de principe largement partagée
Premier enseignement de l’enquête : la responsabilité environnementale des entreprises ne fait plus débat, du moins dans son principe. 86% des dirigeants jugent qu’il revient à un chef d’entreprise de s’engager pour réduire l’impact environnemental de son activité, et 83% considèrent les enjeux écologiques comme désormais incontournables pour les TPE-PME, quel que soit le secteur ou la taille de l’entreprise. Ce consensus est particulièrement fort dans les services (90%) et dans les entreprises de 10 à 49 salariés (89%).
Ce constat s’accompagne toutefois d’une nuance importante : un dirigeant sur deux (52%) estime qu’on en demande trop, aujourd’hui, aux petites structures en matière environnementale. Ce sentiment est plus marqué dans l’industrie et le BTP (56%) et dans les entreprises de taille intermédiaire (62% pour celles de 10 à 49 salariés). L’adhésion de principe ne dispense pas d’une lecture critique de la pression ressentie.
Interrogés sur ce que représente concrètement la transition écologique pour leur entreprise, les dirigeants placent en tête la nécessité pour l’avenir (74%) et l’enjeu de réputation (68%), loin devant la dimension d’opportunité économique (35%) ou de levier d’innovation (47%). Autrement dit, la transition est davantage vécue comme une obligation morale et d’image que comme un moteur de développement — une hiérarchie qui s’inverse nettement dans les entreprises de 50 salariés et plus, où l’opportunité économique atteint 71%.
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Transition écologique des TPE-PME, des actions concrètes déjà largement engagées
Sur le terrain, l’engagement se traduit en actes : 98% des dirigeants déclarent avoir mis en place au moins une action favorable à la transition écologique, et 65% jugent leur entreprise « active » sur ce sujet. Les mesures les plus répandues concernent le tri et la valorisation des déchets (90% l’ont déjà mis en œuvre) et la réduction de la consommation d’énergie — isolation, éclairage LED, chauffage décarboné (75%). Viennent ensuite la gestion optimisée de l’eau (56%) et, à des niveaux plus modestes, l’optimisation des transports (43%), le choix de fournisseurs responsables (41%) ou la sensibilisation des salariés (39%).

Une mesure de l’impact encore très minoritaire
Point de vigilance souligné par l’étude : seuls 28% des dirigeants déclarent avoir déjà mesuré l’impact écologique de leur entreprise, principalement via un suivi de la consommation d’énergie (18%) ou de la gestion des déchets (15%). Le bilan carbone, outil pourtant central pour objectiver une démarche de transition, n’a été réalisé que par 7% des entreprises interrogées — et ce chiffre grimpe à 45% dans les structures de 50 salariés et plus, révélant un puissant effet de taille : plus l’entreprise est petite, moins elle dispose des moyens ou du temps pour objectiver sa propre trajectoire environnementale.
Sur les retombées perçues de leurs actions, 73% des dirigeants estiment qu’elles ont au moins un impact positif quelque part, mais cet impact est jugé nettement plus fort pour l’entreprise elle-même (67%) que pour les salariés (37%) ou les fournisseurs (41%). Une majorité de dirigeants (61%) considère même que ces actions n’ont aucun impact sur leurs salariés — signe que la dimension interne et humaine de la transition écologique reste, pour l’instant, le parent pauvre de la démarche.
Le coût, premier obstacle à la transition écologique des TPE-PME
Interrogés sur les freins qu’ils rencontrent, 88% des dirigeants citent au moins un obstacle à leur transition écologique, avec en moyenne quatre freins mentionnés. Le coût des investissements arrive très largement en tête (60%), suivi du manque de temps (41%), de la complexité réglementaire (41%) et du contexte économique actuel (39%). L’incertitude sur la rentabilité économique de la démarche (35%) et le manque d’information sur le sujet (31%) complètent ce tableau des principales difficultés.
Ce sont les entreprises de taille intermédiaire (10 à 49 salariés) qui citent le plus grand nombre d’obstacles, notamment sur le manque de temps (67%) et le contexte économique (62%) — probablement parce qu’elles sont suffisamment engagées dans la démarche pour en mesurer concrètement la charge, sans disposer des ressources internes des plus grandes structures.
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Un accompagnement jugé nettement insuffisant
C’est là le constat le plus frappant du baromètre : 72% des dirigeants de TPE-PME estiment ne pas être suffisamment accompagnés pour réussir leur transition écologique. Ce sentiment est homogène sur l’ensemble du territoire et des secteurs, oscillant entre 68% et 79% selon les régions.
Quand on leur demande de quel type de soutien elles auraient le plus besoin, les dirigeants placent en tête les aides financières et subventions (46%), devant des outils concrets et opérationnels (32%), des conseils stratégiques (31%) et des partenaires locaux (28%). Le message est clair : c’est du soutien, pas de la contrainte supplémentaire, que les dirigeants attendent en priorité.
À l’heure où la conviction environnementale des dirigeants ne fait plus débat, c’est bien la question des moyens, du temps et de l’appui de proximité qui conditionne désormais le rythme de la transition écologique dans les territoires.
Méthodologie : sondage OpinionWay pour l’Institut mutualiste de l’environnement et de la solidarité et 2050 Now, réalisé par téléphone du 23 février au 16 mars 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 400 dirigeants de TPE-PME françaises (0 à 249 salariés), selon la méthode des quotas (taille, secteur, région). Marge d’incertitude : de 2,2 à 5,0 points.
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