Réglementations RSE : quelles obligations pour les entreprises ?

règlementation rse

Décret tertiaire

L’esprit : issu de la loi ÉLAN, il impose une trajectoire de réduction de la consommation énergétique des bâtiments tertiaires. Chaque acteur choisit librement ses leviers (isolation, équipements, changement d’usages) pour atteindre l’objectif fixé.

Calendrier : obligation en vigueur depuis 2020, avec des paliers de réduction à 2030, 2040 et 2050.

Entreprises concernées : propriétaires et locataires de locaux tertiaires de plus de 1 000 m² cumulés (bureaux, commerces, entrepôts logistiques, hôtellerie, enseignement).

Obligations : réduction de 40 % de la consommation énergétique d’ici 2030 par rapport à une année de référence (60 % en 2040, 50 % en 2050) ; déclaration annuelle des consommations sur la plateforme OPERAT de l’ADEME ; définition et transmission d’une stratégie d’actions (travaux ou changement d’usage) en cas de non-atteinte des objectifs.

PPWR

L’esprit : le règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (Packaging and Packaging Waste Regulation) fixes trois priorités en la matière : réduire les emballages à la source, généraliser le réemploi lorsque c’est possible et rendre les emballages restants recyclables. Il concerne les emballages ménagers, industriels et commerciaux

Calendrier : entré en vigueur en février 2025, il devient applicable le 12 août 2026 pour son socle général (conception recyclable, interdiction de substances comme les PFAS dans les emballages alimentaires, déclaration de conformité obligatoire) Des obligations ultérieures seront applicables avec des échéances allant de 2028 à 2040.

Entreprises concernées : tout metteur sur le marché européen d’un produit emballé — marques, distributeurs, fabricants d’emballages — quel que soit leur pays de fabrication ; les secteurs les plus exposés sont la grande consommation, la restauration et l’e-commerce.

Exemples d’obligations : interdiction des PFAS et autres substances préoccupantes dans les emballages alimentaires, constitution d’un dossier technique et d’une déclaration de conformité par référence d’emballage, incorporation obligatoire de matière recyclée dans les emballages plastique et taux de recyclabilité minimal (incluant l’interdiction des structures multicouches des emballages, perturbatrices pour le recyclage)…

EUDR

L’esprit : le règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts vise à empêcher que des produits liés à la déforestation issus de 7 commodités (cacao, café, soja, huile de palme, bois, caoutchouc, bovins) entrent sur le marché européen ou en sortent. C’est un texte de diligence raisonnée : l’entreprise doit prouver l’absence de risque.

Calendrier : texte entré en vigueur en 2023, déjà reporté à deux reprises face aux difficultés de mise en œuvre. L’application est désormais fixée au 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises, et au 30 juin 2027 pour les micro et petites entreprises (hors secteur bois, soumis à la même échéance que les grandes entreprises).

Entreprises concernées : opérateurs, transformateurs et négociants qui mettent sur le marché européen ou exportent des matières premières concernées et leurs produits dérivés. La liste de tous les produits dérivés concernés figure dans l’annexe 1 du règlement et comprend par exemple : chocolat, cuir, meubles, papier, pneus, gants en latex, revêtements de sols, charbon, tourteaux de soja…

Obligations : collecte de données de géolocalisation des parcelles d’origine pour chaque lot de matière première ; réalisation d’une analyse de risque tenant compte de la classification du pays de production ; dépôt d’une déclaration de diligence raisonnée dans le système d’information européen dédié TRACES ; publication annuelle d’un rapport complet détaillant la mise en œuvre de la politique de diligence raisonnable.

CSRD

L’esprit : la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux grandes entreprises de publier un rapport de durabilité selon une logique de double matérialité : l’impact de l’entreprise sur son environnement, et l’impact de l’environnement sur l’entreprise.

Calendrier : dès 2025 pour les entreprises déjà concernées par la Non Financial Reporting Directive, et jusqu’en 2028 pour les entreprises de plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net.

Entreprises concernées : directement, un nombre restreint de très grandes entreprises et groupes internationaux. Indirectement, une entreprise soumise à la CSRD peut demander à un fournisseur de moins de 1 000 salariés des informations dans le cadre fourni par le standard volontaire VSME (Voluntary Standard for non-listed micro-, small- and medium-sized undertakings). Concrètement, une PME reste rarement assujettie en direct, mais continue de recevoir des demandes de données ESG de la part de ses grands clients ou donneurs d’ordre.

Obligations : publication d’un état de durabilité structuré selon les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), incluant une analyse de double matérialité et la vérification de ce rapport par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant.

Taxonomie

L’esprit : la taxonomie européenne est un système de classification qui définit les activités économiques considérées comme durables sur le plan environnemental. Son objectif est d’orienter les investissements vers des activités contribuant à la transition écologique, tout en luttant contre le greenwashing. Elle constitue un référentiel commun pour les entreprises, les investisseurs et les établissements financiers.

Calendrier : Le règlement est entré progressivement en application depuis 2022, avec un élargissement progressif des objectifs environnementaux couverts. Les obligations de publication sont aujourd’hui intégrées au rapport de durabilité prévu par la CSRD.

Entreprises concernées : La taxonomie s’applique principalement aux entreprises soumises à la CSRD. Les établissements financiers (banques, assureurs, sociétés de gestion) sont également concernés afin d’évaluer la part de leurs activités ou investissements alignés avec les critères de la taxonomie.

Obligations : publication des indicateurs permettant d’évaluer la part du chiffre d’affaires, des investissements (CapEx) et des dépenses d’exploitation (OpEx) associés à des activités économiques durables au sens de la taxonomie européenne et démontrer que ces activités contribuent de manière substantielle à au moins un objectif environnemental, sans porter atteinte aux autres objectifs.

CSDDD

L’esprit : la Corporate Sustainability Due Diligence Directive, aussi appelée CS3D oblige les très grandes entreprises à cartographier et réduire leurs impacts négatifs sur les droits humains et l’environnement dans toute leur chaîne de valeur.

Calendrier : entrée en application repoussée à juillet 2029

Entreprises concernées : grandes entreprises UE (>5 000 salariés et 1,5 milliard € de CA mondial) ou grandes entreprises hors UE (1,5 milliard € de CA réalisé dans l’UE) dans de très nombreux secteurs impactés, du textile au bâtiment en passant par l’agroalimentaire et l’énergie.

Obligations : mise en place d’un plan de vigilance incluant une cartographie des risques en matière d’environnement, social et gouvernance dans la chaîne de valeur, la mise en place de politiques et plans d’action, la collecte de données via un suivi d’indicateurs et la communication publique des risques, actions engagées et résultats obtenus.