Communication environnementale : quelles affirmations votre entreprise devrait-elle pourvoir justifier ?
« Écoresponsable », « respectueux de l’environnement », « neutre en carbone »… Ces expressions sont devenues courantes dans la communication des entreprises. Pourtant, leur utilisation pourrait devenir beaucoup plus encadrée avec le renforcement de la réglementation européenne contre le greenwashing, également appelé écoblanchiment.
L’Union européenne entend désormais limiter les affirmations environnementales imprécises, trompeuses ou insuffisamment justifiées. Pour les entreprises, l’enjeu est important : il ne suffira plus d’affirmer son engagement environnemental, il faudra être capable de le démontrer.
Cette évolution concerne directement les entreprises qui communiquent sur leurs produits, leurs services ou leurs engagements RSE. Elle les invite à revoir leurs messages et à privilégier une communication fondée sur des actions concrètes et des preuves vérifiables.

GREENWASHING
Directive anti-greenwashing : quelles nouvelles règles pour la communication des entreprises ?
Adoptée en février 2024, la directive européenne visant à donner aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition écologique renforce l’encadrement des pratiques commerciales trompeuses liées à l’environnement.
Son objectif est de permettre aux consommateurs de disposer d’informations plus fiables pour comparer les produits et services, tout en valorisant les entreprises capables de démontrer la réalité de leurs engagements.
Les affirmations environnementales davantage encadrées
L’une des principales évolutions concerne les expressions environnementales génériques utilisées dans les supports commerciaux et publicitaires.
Des formulations comme « bon pour l’environnement » ou « écoresponsable » peuvent laisser entendre qu’un produit ou qu’une entreprise présente des performances environnementales particulièrement favorables, sans que cette affirmation repose sur des éléments suffisamment précis.
La directive prévoit d’interdire certaines allégations génériques lorsqu’une excellente performance environnementale reconnue ne peut être démontrée.
Pour les entreprises, cela signifie qu’une affirmation générale devra laisser place à une information plus précise, reposant sur des éléments concrets et vérifiables.
La vigilance ne concerne pas uniquement les textes. Les images, symboles et autres éléments de communication peuvent également constituer des allégations environnementales lorsqu’ils suggèrent un bénéfice écologique.
Neutralité carbone et compensation : des affirmations particulièrement sensibles
Les communications relatives à la neutralité carbone font également partie des pratiques ciblées.
La directive prévoit notamment d’interdire les affirmations selon lesquelles un produit ou un service aurait un impact neutre, réduit ou positif sur l’environnement lorsque cette présentation repose sur la compensation des émissions de gaz à effet de serre.
Autrement dit, le recours à la compensation carbone ne permettra pas, à lui seul, de présenter un produit comme neutre pour le climat.
La réglementation vise également les communications qui attribuent à l’ensemble d’une entreprise ou d’un produit une qualité environnementale ne concernant en réalité qu’un aspect particulier.
Une entreprise devra donc veiller à ce que ses messages correspondent précisément au périmètre des actions ou performances qu’elle souhaite valoriser.
Labels environnementaux : une crédibilité à démontrer
Les labels et certifications occupent une place importante dans la communication RSE des entreprises. Ils permettent de rendre visibles certains engagements et de rassurer les consommateurs. La directive européenne renforce cependant les conditions dans lesquelles ces labels peuvent être utilisés.
Les labels de durabilité devront notamment reposer sur un système de certification reconnu ou être établis par une autorité publique, selon les conditions prévues par le texte.
L’objectif est d’éviter la multiplication de signes ou de distinctions qui pourraient laisser croire à une reconnaissance environnementale indépendante sans disposer des garanties correspondantes.
Pour les entreprises, cette évolution implique de vérifier la fiabilité des labels utilisés dans leurs communications et de s’assurer qu’ils correspondent bien aux exigences applicables.
Les engagements environnementaux futurs devront être crédibles
Les entreprises communiquent régulièrement sur leurs ambitions environnementales : réduction des émissions, amélioration de leurs pratiques ou objectifs de transition à plusieurs années.
Ces engagements resteront possibles, mais devront être davantage encadrés.
La directive prévoit que les affirmations portant sur des performances environnementales futures reposent sur des engagements clairs, objectifs, accessibles au public et vérifiables.
Elles devront également s’appuyer sur un plan de mise en œuvre détaillé et réaliste, faisant l’objet d’un suivi régulier par un expert indépendant.
Annoncer un objectif environnemental ne suffira donc pas : l’entreprise devra pouvoir expliquer comment elle entend l’atteindre.
Communication RSE : quels changements anticiper pour votre entreprise ?
Cette évolution réglementaire invite les entreprises à examiner leurs pratiques de communication environnementale.
Site internet, plaquettes commerciales, emballages, publicités, réseaux sociaux : les messages utilisés pour présenter les engagements RSE méritent une attention particulière. L’enjeu n’est pas de renoncer à communiquer sur ses actions environnementales, mais de s’assurer que chaque affirmation correspond à une réalité identifiable.
Une entreprise peut notamment commencer par recenser les expressions environnementales qu’elle utilise, identifier les éléments permettant de les justifier et vérifier que ses communications ne présentent pas une action ponctuelle comme une performance globale.
Une démarche environnementale concrète et mesurable constitue ainsi un socle plus solide pour communiquer.
Cette vigilance est également importante pour préserver la confiance des clients et partenaires. Les pratiques commerciales trompeuses peuvent entraîner des sanctions, mais également porter atteinte à la réputation de l’entreprise.
La réglementation représente donc aussi une occasion de faire évoluer les pratiques : privilégier les résultats mesurables, expliquer les démarches engagées et communiquer avec davantage de transparence.

Quand les nouvelles règles contre le greenwashing entreront-elles en application ?
La directive européenne a été adoptée en février 2024. Sa transposition dans le droit français devait initialement intervenir avant mars 2026, pour une application prévue fin septembre 2026.
Cependant, la transposition française a pris du retard.
Le projet de loi doit encore poursuivre son parcours parlementaire et son calendrier définitif reste à préciser.
Les entreprises ont donc intérêt à anticiper ces évolutions, sans considérer que l’ensemble des nouvelles dispositions est déjà applicable en droit français.
Notre conseil : faire de la transparence environnementale un atout pour votre entreprise
La lutte contre le greenwashing ne doit pas conduire les entreprises à abandonner leur communication environnementale. Au contraire, elle rappelle l’importance de faire reposer les engagements RSE sur des actions concrètes, des indicateurs pertinents et des informations vérifiables.
Avant de publier une affirmation environnementale, il devient essentiel de se demander : que signifie précisément cette affirmation ? Sur quels éléments repose-t-elle ? Concerne-t-elle l’ensemble de l’entreprise ou seulement une activité, un produit ou une action particulière ?
Cette réflexion peut également être l’occasion de structurer plus largement votre démarche RSE et d’identifier les actions réellement engagées.
Chez Neobee, nous accompagnons les entreprises dans leurs réflexions et démarches RSE afin de les aider à mieux identifier leurs enjeux environnementaux, structurer leurs engagements et suivre leurs progrès.
Vous souhaitez faire le point sur votre démarche RSE et mieux valoriser vos engagements environnementaux ?
Nos équipes peuvent vous accompagner dans cette réflexion.